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Les différentes méthodes d’amortissement

Éléments de calcul de l'amortissement

  1. Base amortissable (rappel) = PRIX D’ACHAT HT + FRAIS DE LIVRAISON HT + FRAIS DE MISE EN SERVICE HT (ces frais de mise en service seront TTC si la TVA n’est pas récupérable)

  2. Durée de vie utile : Tout d’abord, il est nécessaire de déterminer la durée de vie utile de l’actif. Cela représente la période pendant laquelle l’actif est prévu pour générer des avantages économiques pour l’entreprise. Par exemple, un équipement informatique peut avoir une durée de vie utile de cinq ans.

  3. Valeur résiduelle : Il s’agit de la valeur estimée de l’actif à la fin de sa durée de vie utile. Cette valeur résiduelle est généralement soustraite au coût initial de l’actif pour calculer la base amortissable. Généralement la valeur résiduelle est égale à zéro.

  4. Prise en compte du prorata temporis pour calculer la première annuité d’amortissement (si le bien n’a pas été acquis le 1er jour de l’exercice comptable).

L’amortissement linéaire est l’une des méthodes couramment utilisées pour répartir le coût d’un actif sur sa durée de vie utile. Avec l’amortissement linéaire, l’amortissement annuel reste constant tout au long de la durée de vie de l’actif. Par conséquent, le montant amorti est le même chaque année jusqu’à ce que la valeur résiduelle soit atteinte.
Voici les règles et les modes de calcul de l’amortissement linéaire

L'amortissement linéaire (ou constant)

L’amortissement linéaire est l’une des méthodes couramment utilisées pour répartir le coût d’un actif sur sa durée de vie utile. Avec l’amortissement linéaire, l’amortissement annuel reste constant tout au long de la durée de vie de l’actif. Par conséquent, le montant amorti est le même chaque année jusqu’à ce que la valeur résiduelle soit atteinte.
Voici les règles et les modes de calcul de l’amortissement linéaire :

Calcul de l’amortissement annuel :

Une fois la durée de vie utile et la valeur résiduelle déterminées, l’amortissement annuel peut être calculé. Pour ce faire, soustrayez la valeur résiduelle du coût initial de l’actif, puis divisez ce montant par la durée de vie utile. Cette formule peut être exprimée comme suit :

Amortissement annuel = (Coût initial − Valeur résiduelle) / Durée de vie utile

Exemple 1 :

Supposons qu’une entreprise achète un équipement de 10 000 €, avec une valeur résiduelle égale à zéro et une durée de vie utile de 5 ans. Le calcul de l’amortissement annuel serait : Amortissement annuel = 10 000 / 5 ans = 2 000 €
Ainsi, l’entreprise amortirait 2 000 € chaque année pendant cinq ans jusqu’à ce que la valeur résiduelle de 0 € soit atteinte.

Exemple 2 :

Supposons le même équipement pour 10 000 €, avec une valeur résiduelle estimée de 2 000 € et une durée de vie utile de 5 ans. Le calcul de l’amortissement annuel serait : Amortissement annuel = (10 000 − 2 000) / 5 ans =1 600 €
Ainsi, l’entreprise amortirait 1 600 € chaque année pendant cinq ans jusqu’à ce que la valeur résiduelle de 2 000 € soit atteinte.

Exemple 3 :

Supposons le même équipement de 10 000 €, avec une valeur résiduelle égale à zéro et une durée de vie utile de 5 ans. Le bien a été acquis le 1er mars et mis en service le 30 mars. L’exercice comptable commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre.
La première annuité serait égale à : Première annuité = 10 000 / 5 ans x (270 jours / 360 jours) = 1 500 €

NB : vous pouvez utiliser la fonction Excel : =JOURS360(date de début;date de fin;VRAI)

 

ATTENTION : Le point de départ de l’amortissement est le jour de la mise en service et non pas la date d’achat de immobilisation.

Pour connaitre le coût d’achat de l’immobilisation à amortir voir le cours sur la comptabilisation des immobilisations.

L'amortissement dégressif

L’amortissement dégressif est une méthode comptable qui permet d’accélérer l’amortissement d’un actif au début de sa vie utile, en appliquant des taux d’amortissement plus élevés que ceux utilisés dans l’amortissement linéaire. Le principe de l’amortissement dégressif repose sur l’idée que les actifs subissent une dépréciation plus importante lors de leurs premières années d’utilisation, et que cette dépréciation diminue au fil du temps.

Voici les principes fondamentaux de l’amortissement dégressif :

  • Accélération de l’amortissement : Contrairement à l’amortissement linéaire, où l’amortissement annuel reste constant tout au long de la durée de vie de l’actif, l’amortissement dégressif permet d’amortir une plus grande partie du coût initial de l’actif au cours des premières années.

  • Taux d’amortissement plus élevés : Dans l’amortissement dégressif, des taux d’amortissement plus élevés sont appliqués aux premières années d’utilisation de l’actif. Ces taux sont souvent déterminés en fonction du taux d’amortissement linéaire auquel est appliqué un coefficient multiplicateur.

Aux termes du 1 de l’article 39 A du CGI, les taux d’amortissement dégressif sont obtenus en multipliant les taux d’amortissement linéaire par un coefficient fixé à :

  • 1,25 lorsque la durée normale d’utilisation est de trois ou quatre ans ;
  • 1,75 lorsque cette durée normale est de cinq ou six ans ;
  • 2,25 lorsque cette durée normale est supérieure à six ans.
Exemple :
    • durée de vie du  bien = 5 ans.
    • Taux linéaire = 100% / 5 ans = 20%
    • Taux dégressif = taux linéaire x 1.75 = 20% x 1.75 = 35%
  • Le calcul de l’amortissement débute le 1er jour du mois de l’achat (peu importe sa date de mise en service).
  • Le nombre d’annuités calculées et comptabilisées est égal à la durée de vie du bien, quel que soit sa date d’achat au cours de la première année.
  • Le taux d’amortissement s’applique à la Valeur Nette Comptable en début d’exercice (et non pas sur le coût d’achat)
  • Pour que l’amortissement ne se prolonge pas à l’infini, (l’annuité dégressive tend arithmétiquement vers zéro sans jamais y parvenir) la Loi fiscale a fixé la règle suivante : On applique systématiquement le taux le plus fort entre :
    • le taux dégressif déterminé au début
    • et le taux linéaire reconsidéré chaque année en fonction du nombre d’années restant à amortir

Exemple : un équipement acheté le 19 mars N. Durée de vie 5 ans. Valeur résiduelle : zéro

  • En N+1 il ne reste que 4 ans à amortir, le taux linéaire est de 100% / 4 ans = 25%
  • En N+2 il ne reste que 3 ans à amortir, le taux linéaire est de 100% / 3 ans = 33%
  • En N+3 il ne reste que 2 ans à amortir, le taux linéaire est de 100% / 2 ans = 50%
  • En N+4 il ne reste que 1 an à amortir, le taux linéaire est de 100% / 1 an = 100%

A parti de N+3 le taux linéaire devient plus favorable. C’est ce taux qui est appliqué.

L'amortissement dérogatoire

L’amortissement dérogatoire, également connu sous le nom d’amortissement exceptionnel ou accéléré, est une méthode comptable qui permet d’amortir un actif sur une période plus courte que sa durée de vie économique normale. Cette méthode est souvent utilisée dans des situations spécifiques où il y a une raison légitime de réduire la durée d’amortissement habituelle pour un actif.

Voici quelques principes clés de l’amortissement dérogatoire :

  1. Raisons justificatives : L’amortissement dérogatoire est généralement justifié par des circonstances particulières, telles que des changements dans les technologies, des modifications réglementaires, des obsolescences anticipées, ou des perspectives d’utilisation réduite de l’actif.

  2. Durée d’amortissement raccourcie : Contrairement à l’amortissement linéaire ou dégressif, qui répartissent le coût d’un actif sur sa durée de vie économique prévue de manière uniforme ou dégressive, l’amortissement dérogatoire raccourcit cette durée. Cela signifie que l’entreprise amortit une plus grande partie du coût initial de l’actif sur une période plus courte.

  3. On appelle amortissement dérogatoire la fraction de l’amortissement qui ne correspond pas à la constatation d’une perte de valeur normale d’un actif due à son utilisation, mais qui est constatée comptablement pour bénéficier d’un avantage fiscal. Cela peut ainsi être l’écart entre l’amortissement dégressif et l’amortissement linéaire.
  4. l’administration fiscale impose l’utilisation de comptes spécifiques pour l’amortissement dérogatoire afin de tenir compte des différences entre les règles comptables et les règles fiscales portant sur la base, la durée et le mode.

Exemple d'amortissement dérogatoire

Une entreprise a acquis une machine pour un coût de 30 000 €. Cette machine a une durée de vie économique de 5 ans amortissable en linéaire.
Elle décide de pratiquer un amortissement sur 3 ans seulement.
Cette différence va générer un amortissement dérogatoire.

Ecritures comptables sur les 5 années d’amortissement.
Durant les 3 premières années, l’amortissement pratiqué est supérieur à l’amortissement économique admis. La différence entre l’amortissement pratiqué et l’amortissement économique est comptabilisé dans un compte spécifique : 145-Provisions réglementées – amortissements dérogatoires.
Il s’agit d’une dotation exceptionnelle comptabilisée dans un compte de dotation spécifique : 68725-Dotations aux amortissements dérogatoires
Lors des 2 dernières années l’amortissement économique se poursuit alors que l’amortissement pratiqué est terminé. Cela entraîne une reprise des dotations exceptionnelles pratiquées durant les 3 premières années. Le compte 145-Provisions réglementées – amortissements dérogatoire .est peut à peu soldé (en le débitant) et les provisions exceptionnelles sont reprises à l’aide du compte 78725-Reprises sur provisions réglementées – amortissements dérogatoires